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Etat d'avancement du Plan de Développement des Peuples Pygmées (PDPP)
Dans les 09 communes concernées (Campo, Lokoundjé, Lolodorf, Bipindi, Akom 2, Niété, Oveng, Djoum et Mintom) de la région du Sud, de manière opérationnelle, la mise en œuvre du PDPP s’est déclinée en l’élaboration d’un plan d’actions (db4) validé par les différents partenaires en 2007. Il a pour objet d’améliorer l’accès aux services sociaux de base des peuples pygmées tout en veillant à leur meilleure insertion dans les actions de développement de leur environnement.
Composantes
Ce plan d’actions, découlant d’un diagnostic approfondi dans les zones d’intervention, est structuré autour de 05 composantes :
- Citoyenneté dont l’objet est de permettre aux bénéficiaires de jouir pleinement de leurs droits et devoirs en tant que citoyen à part entière de la commune ; - Education qui vise à améliorer l’accès des enfants pygmées à l’éducation ; - Santé qui a pour objet d’améliorer l’accueil dans les formations sanitaires et améliorer l’état sanitaire des Peuples Pygmées ; - Agriculture et gestion des produits forestiers non ligneux dont le but est d’améliorer la sécurité alimentaire des peuples pygmées ainsi que le niveau de leurs revenus afin d’atténuer les conflits potentiels et latents entre les Bantous et eux ; - Dialogue intercommunautaire et sécurisation foncière qui vise à améliorer les droits d’usufruits sur des espaces reconnus légalement par l’administration, ainsi que les échanges sociaux entre Peuples Pygmées (PP) et Bantous.
Quelques résultats et impacts préliminaires
De manière globale, l’on peut noter une évolution encourageante dans la mise en œuvre du PDPP dans les différents domaines du plan d’actions. A titre illustratif, les résultats préliminaires se présentent comme suit : (i) 1 020 Cartes Nationales d’Identité et 1 806 Actes de Naissance ont été établis et (ii) 164 accoucheuses traditionnelles ont été formées, plus de 1000 enfants de 0 à 5 ans ont reçu des vaccins et 16 autres pygmées sont en formation pratiques en soins de santé de base. Ces actions ont contribué à : faire passer le nombre d’enfants ayant réussi au Certificat d’Etudes Primaire de 17 en 2007 à 48 en 2008 ; faire jouir les pygmées pleinement de leurs droits civiques (liberté de circulation, participation aux examens et concours, élections, fonctions de représentation) ; faire accoucher plus de 300 femmes dans de meilleures conditions, y compris des Bantous ; l’administration de soins de santé primaire dans les campements et l’amélioration du taux de fréquentation des formations sanitaires par les pygmées qui désormais reçoivent un meilleur accueil en raison de la présence des leurs dans le personnel médical ; susciter un plus grand intérêt à entreprendre des activités agricoles (plus de 40 ha mis en valeur), et réduire les conflits fonciers entre Bantous et Pygmées dans cinq campements par la reconnaissance des droits d’usufruit de ces pygmées sur certains espaces. Au plan institutionnel, la plate forme mise en place à la faveur de cette opération se positionne de plus en plus comme un outil de mise en cohérence des interventions en faveur des Pygmées.
Quelques difficultés et points d’attention
Au-delà de ces acquis, il convient de relever quelques contraintes persistantes dans la mise en œuvre de cette opération: (i) absence d’une approche pédagogique spécifique à la scolarisation des enfants pygmées et résistance de certains enseignants de l’éducation de base à la méthode « observer, réfléchir et agir » (ORA) ; (ii) difficultés d’accès à la propriété foncière ; (iii) non reconnaissance des campements comme villages (chefferies de 3ème degré); (iv) indisponibilité de certains maires et (v) absence de mécanisme formel d’insertion professionnelle pour les stagiaires en santé. Il est donc fortement souhaitable que ces difficultés soient judicieusement reflétées dans le plaidoyer en cours de préparation au MINAS, afin notamment de faciliter la reconnaissance des campements comme entités administratives séparées et l’insertion professionnelle des jeunes pygmées dans les secteurs public et privé.
Perspectives
A la faveur de l’entrée à la deuxième phase du PNDP depuis 2010, le processus de mise en œuvre du PDPP est en cours d’extension dans les régions du Sud, du Centre et de l’Est, notamment dans les communes qui abritent ces peuples pygmées. Ainsi, dans le cadre de l’élaboration des plans communaux de développement en cours, un diagnostic spécifique est opéré en direction de ces peuples pygmées en vue de mettre en évidence leurs besoins prioritaires, lesquels feront l’objet d’une planification adéquate et intégrée dans le PCD.
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