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May 24
Summary of some good practices (SLMP) PDF Print E-mail

Promotion project of Sustainable Land Management and Agro-sylviopastoral Systems is implemented in four regions of the country (Adamawa, Centre, West and North) to experiment on a pilot action that contribute to reversing the degradation of agricultural, forestry and pastoral land.

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Specifically, the SLMP promotes the adoption of technologies for sustainable land management and the development, by communities, building, tools and appropriate mechanisms needed to improve land productivity and agricultural growth. Launched in March 2006, the SLMP is currently operational in 21 councils of the regions mentioned above. After three years of operation, results are encouraging in general. To date, nearly 80 SLM micro projects  are completed, 128 new ones are under construction and 102 are being finalized and under procurement. With the implementation of the MP, the total number of requests will increase to 263 (against 240 expected by the end of the Project). In addition to the implementation of SLM micro-projects, five municipalities (Pitoa, Lagdo Bangangté, Okola and Ngaounadal) s have already finalized their plans for use and land management (PUGT), which are an integral part of their council development plans. Decrees creating the CNCEDD were reviewed by an ad hoc committee put in place by the Minister of the Environment and subjected to the signing of a decree by the Prime Minister. It is expected that the CNCEDD plays a leading role in counseling the process of improvement of the legal framework of land tenure in Cameroon.
These achievements have already started generating enough evidence of impacts. On a sample of transactions completed SLM, we have chosen to document those with a high potential for replication of scale post-release. This is especially (i) consensus building for access to land in the Council of Pitoa (ii) the settlement of nomadic herders to Ngaoundal and (iii) the recovery of soils leached in Bangang Fokam. For each of these practices, we will give a description of the context before the intervention of the project and the response of the Project, before concluding with strategies to implement sustainability.

Le Plan d’Utilisation et de Gestion des Terres (PUGT) : Un outil efficace dans la Recherche du Consensus pour l’Accès à la terre dans la commune de Pitoa

1. Enoncé du Problème

Dans les années 70, la commune de Pitoa comptait à peine 25,000 habitants dont la majorité était des éleveurs. Pitoa dispose des terres fertiles, d’une vaste étendue de terre localement appelé « naddéré », bénéficiant des dépôts d’alluvions laissés pas les crues de la Bénoué. En l’absence d’un cadre de concertation et d’un zonage, cet espace fortement convoité aussi bien par les éleveurs que les agriculteurs est à l’origine de nombreux conflits d’autant que la position privilégiée de la localité (à 10 km de la capitale régionale) incite les populations au développement des activités agricoles. En 1979,, les éleveurs plus nombreux et plus riches que les agriculteurs, ont réussi à faire imposer à ces derniers un texte légal signé de l’autorité administrative, interdisant toute activité agricoles au delà du mois de Mars sur ces terres. Ce qui n’est plus d’actualité, avec les effets du changement climatique sur les calendriers agricoles. En effet, la saison culturale initialement contenue entre Septembre et Mars, s’étale aujourd’hui entre’octobre et avril. Lorsque la crise économique frappe de plein fouet le pays dans les années 90, le nombre d’agriculteurs s’accroit rapidement, surtout dans la culture d’oignons, spéculation de supplément au coton dont le prix au producteur avait drastiquement baissé. La période de production de l’oignon, encore appelé culture de contre saison, coïncide malheureusement avec les repousses d’herbes très convoitées par les éleveurs. Le passage des bovins sur les espaces occupés pas les agriculteurs dégénère trèes souvent en conflits sanglants. Cette situation amène le Projet GESEP, à fournir un appui à la délimitation de l’espace qui abouti à la mise en place d’environ 05 hurum (espaces dédiés aux pâturages). Ces efforts de délimitation sont aujourd’hui « tombés en ruine » en raison de l’absence de suivi, mais également du fait de l’explosion démographique dans les années 2005, suite aux migrations continues en provenance de l’Extrême Nord du Cameroun. Pendant ce temps, le texte devenu caduque, n’a jamais été revu par les autorités administratives. L’une des conséquences immédiates a été la perpétuité des conflits et de pertes importantes de revenus tant du coté des agriculteurs que des éleveurs et la baisse continue de recettes communales.

2. L’introduction du PUGT par le PGDT

2.1.   Approche Méthodologique

A la requête de la commune, le Programme National de Développement Participatif (PNDP) à travers le PGDT, entreprend de l’assister dans l’élaboration de son plan d’utilisation et de gestion des terres.

pitoa1A travers cette initiative, la commune vise trois objectifs : (a) inventorier et apprécier l’état de son capital naturel ; (b) développer un référentiel du potentiel des recettes fiscales que pourrait générer ses ressources naturelles ; et (c) trouver un consensus pour l’accès à la terre aux différents utilisateurs en conflits. Les travaux du PUGT ont commencé en 2009 par un atelier de lancement au niveau régional (présidé par le Gouverneur de la région) et un second atelier de lancement au niveau communal (présidé par le Préfet de la Bénoué).

Il s’est poursuivi par la mise en place  d’une commission technique communale du PUGT  et d’une phase de diagnostic à travers une enquête auprès des populations de l’ensemble des villages de la commune, qui a permis de collecter les données de base, y compris géo-référencées. Il a été inventorié toutes les ressources naturelles, les contraintes liées à ces ressources et les solutions endogènes pour lever ces contraintes. Cette première phase  a été sanctionnée par un rapport diagnostic.

La deuxième phase du processus a consisté à la programmation des  activités des sous- commissions techniques préalablement mises en place en fonction des trois grands thèmes identifiés par les parties prenantes que sont (i) Agriculture ; (b) élevage et pêche ; et (c) Environnement et Forêt. Pour chaque thème, les potentialités et problèmes/contraintes identifiées par les acteurs ont été recensés et les solutions endogènes proposées mises en exergue (voire tableau 1 : Mandat des sous commissions).

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Tableau 1 : Sous commissions et leurs mandats

Sous Commissions

Mandats

Agriculture

  • - Analyse des potentialités, problèmes/contraintes et solutions endogènes proposées par les communautés à la base,
  • - Enrichissement de toutes ces données,
  • - Développement de la vision de développement du secteur concerné à l’échelle de la commune et à l’horizon 2020 dans le cadre de la gestion durable des terres de la commune
  • - Identification des projets/actions à mettre en Å“uvre et localisation des sites/zones d’implantation desdits projets/actions pour la réalisation de cette vision

Elevage et Pêche

Environnement et Forêts

Source : MEADEN, Nord Cameroun

2.2.    Résultats du Processus Participatif

Le processus participatif a consisté à créer les groupes d’intérêts (agriculteurs et éleveurs) auxquels étaient associés les représentants de l’administration locale, les chefferies traditionnelles, la commune, les institutions de recherches, le secteur privé et la société civile. Chaque groupe devrait réfléchir sur sa vision de l’utilisation de la terre en tenant aussi compte des besoins de son adversaire. Après consultation, le groupe des agriculteurs a proposé la création de six (06) pistes à bétail au profit des éleveurs et d’une bande agricole de 500 m à protéger sur le long du fleuve, tandis que les éleveurs eux-mêmes n’en demandaient que quatre pistes. Après deux séances des travaux en sous-commissions et en plénière, les résultats montrent qu’il ya eu échange et consensus autour de l’utilisation du « naddéré »  à fort potentiel agricole (agriculture, élevage). Le tableau 2 ci-contre présente la vision de cette zone par les principaux utilisateurs.

Tableau 2 : NAddéré vu par les Agriculteurs et les Eleveurs

Naddéré vu par les agriculteurs

Naddéré vu par les éleveurs

  • - Le Naddéré ne doit être circonscrite qu’à la vallée de la Bénoué ;
  • - Matérialiser sur la carte tous les cours d’eau saisonnier ainsi que les zones de productions agricoles de saison sèche ;
  • - Délimiter une zone d’environ 500 m en largeur tout au long de la Bénoué et du mayo Kebbi (zone de l’arrondissement de Pitoa) pour la production en tout temps des cultures maraîchères, céréalières et l’arboriculture ; Cette zone ainsi délimitée sera assortie de 06 pistes d’accès à la Bénoué (pour abreuvement du bétail) aux lieux dit :Bounguel – bénoué ; Doumdé gadoudji - djoulol sao-bénoué ; Guébaké – djoulol sao – bénoué ; Boulli – djoulol pori – bénoué ; Mayo badjouma – mayo kebbi
  • - Lever les restrictions administratives de l’arrêté préfectoral de 1979, concernant cet espace délimité ;
  • - Développer l’arboriculture et prendre en compte la production du sel gemme (dalan : sel gemme) dans l’usage du Naddéré ;
  • - Prendre en compte la Â«  présence des cours d’eau saisonnier Â» (mares) comme potentialités;
  • - Prendre en compte la pression des ravageurs et la gestion calamiteuse des organisations des producteurs comme contraintes ;
  • - Prévoir la reconstruction de la digue de Bé ;
  • - Réorganiser les organisations des producteurs (Union des GIC muskuwaari)
  • - La zone délimitée doit faire l’objet de protection importante par ses promoteurs pour faire face à la divagation des bêtes
  • - Interdire totalement l’incinération des tiges du sorgho et du maïs dans la zone inondable de la Bénoué et du mayo kébbi pour la production du daalan. L’opération doit se faire hors du Naddéré.

 

  • - La création/élargissement de quatre pistes à bétail qui donnent sur la Bénoué, partant de : Pitoa, Babanguel, Guébaké et Boulli ;
  • - La délimitation d’un bloc de pâturage dans le naddéré ;
  • - la réactualisation de l’arrêté préfectoral de 1979, qui réglemente l’usage du naddéré (bas fond) par les agriculteurs et par les éleveurs ;
  • - la réhabilitation/élargissement des anciennes pistes à bétail et leur matérialisation sur le terrain ;
  • - la création de parc vaccinogène par village, pour faire face au manque de pistes de pâturage ;
  • - La création des mares artificielles et des puits dans les espaces de pâturage à grande capacité
  • - La sous commission a identifié 03 zones de pâturages officiels et 06 zones de pâturages non officiels : Bappara, Babanguel, Mboboriré, Séboré Doumdéré, Lougéréo, Tchollaram (forêt communautaire), Mboura, Dembassita, Ndoudja.

 

3.   Impacts du PUGT dans la gestion du capital naturel de Pitoa

Les retombées bénéfiques du PUGT dans la commune de Pitoa sont les suivantes :
(a)    Consensus pour l’accès à la terre obtenu entre éleveurs et agriculteurs : La confrontation des deux visions (des deux sous-commissions) en plénière, a permis d’arriver à un consensus entre agriculteurs et éleveurs qui avaient du mal à se comprendre autrefois, en l’absence de tout dialogue. Ce consensus a abouti (i) à la délimitation de six  pistes d’accès à l’eau pour le bétail et (ii) à l’élaboration d’une charte de réglementation Naddéré dont quelques éléments sont repris sur le tableau ci-dessous.

Tableau 3 : Charte de Réglementation du Naddéré élaborée par les agriculteurs et éleveurs de Pitoa

Chartes de Réglementation du Naddéré

Pour pallier à d’éventuels conflits agropastoraux durant la période d’exploitation commune du naddéré, la commission propose :

  • - les cultures en blocs sur une étendue bien précise
  • - la clôture des parcelles ou blocs de cultures par des haies vives (choix des espèces pouvant permettre de fertiliser le sol) ou des fils barbelés
  • - la délimitation des espaces de pâturage
  • - la matérialisation des pistes à bétail entre les parcelles de culture
  • - la surveillance des parcelles par les cultivateurs.
  • - La définition/clarification du statut juridique du naddéré ou compte tenu de la décentralisation, des suggestions peuvent être faites à la commune de s’occuper de la gestion de ce domaine
  • - L’élaboration d’un protocole d’accord entre agriculteurs et éleveur et d’une charte d’utilisation du naddéré. La validation se fera par le préfet ou par le gouverneur de région.

(b)    Formalisation du consensus obtenu autour de la gestion de l’espace en acte légal. Après expérimentation de la charte, les différents utilisateurs ont déjà sollicité l’appui de la commune pour la traduction du PUGT en un texte réglementaire.
(c)    Accord obtenu entre l’administration régionale et la commune sur la répartition des recettes fiscales issues de l’exploitation des gisements de carrières. Le PUGT a permis à la commune de s’approprier de ses ressources minières qui sont désormais matérialisées sur la carte. Suite à ce processus, la mairie a d’ailleurs saisi les services du gouverneur afin qu’une partie du revenu fiscal issu de l’exploitation de cette carrière leur soit reversée.
(d)    Développement d’un verger pour la diversification des revenus des communautés membres de la mairie. Afin de stimuler son économie locale, la commune de Pitoa s’est dotée des réserves foncières pour promouvoir les cultures fruitières à très haute valeur ajoutée. L’objectif recherché est la création des emplois agricoles et non agricoles pour les jeunes et la mobilisation des revenus à long terme pour accroitre les investissements dans les secteurs de l’éducation, de la santé et des infrastructures socio-économiques notamment.


Les Cultures Fourragères : Une stratégie Appropriée pour Stabiliser les Nomades dans la commune de Ngaoundal

1.  Enoncé du Problème

Située dans la région de l’Adamaoua, Ngaoundal est une commune où l’activité pastorale est prédominante. Comme partout ailleurs dans la région, les pâturages sont dégradés à cause du caractère nomade de l’élevage et la surexploitation des terres due à un flux élevé de transhumance des troupeaux en direction du Sud Cameroun. La cause principale de la dégradation de ces pâturages est l’envahissement des mauvaises herbes, notamment le Chromoleana odorata (encore appelé Bokassa Grass), le Harungana madagascariensis (ou Burgal), le Mimosa invisa et l’Afromomum spp.

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Outre cet envahissement par des espèces ligneuses et végétales peu appétées, plusieurs retenues d’abreuvement sont en état d’eutrophisation et les pistes à bétail sont traversées par de nombreuses rigoles, ce qui entraine des ravinements sous l’effet de piétinements répétées des troupeaux. Cette dégradation a des conséquences néfastes sur la productivité des pâturages. Les pertes en bétail sont très importantes et les conflits entre éleveurs et agriculteurs s’intensifient. Ensuite, le caractère nomade des activités pastorales limite le niveau de mobilisation de revenus par la commune et ainsi que les possibilités d’accès aux services de santé des familles nomades. C’est pourquoi les services de santé enregistrent une recrudescence des épidémies, ainsi qu’un taux élevé d’enfants non vaccinés parmi la population nomade. Aussi, ces nomades  sont de plus en plus exposés aux attaques répétées des « coupeurs de route. Enfin, il convient de souligner que les recettes fiscales issues de la taxe de bétail diminuent drastiquement pendant la période de transhumance.

2.  La promotion des champs fourragers comme réponse du PGDT

Sous impulsion de la commune et avec l’assistance d’un consultant d’appui / OAL), près de 14 microprojets de champs fourragers couvrant une superficie totale de 56 hectares ont été introduits dans la commune de Ngaoundal. Les espèces agrostologiques introduites dans la zone sont notamment le BRACHIARIA et le STYLOSANTHES. Après le processus participatif de montage des requêtes incluant la mobilisation de la contrepartie des bénéficiaires, la mise en Å“uvre commence  par la démarcation des parcelles où seront cultivées les champs fourragers. Les communautés organisées sont formées aux techniques de production de semences et de préparation du foin pour le bétail. Les éleveurs membres des groupes bénéficiaires sont également formés d’une part aux techniques de développement et de gestion des champs fourragers, et d’autre part aux techniques de construction des parcs à bétail améliorés à partir des matériaux locaux peu coûteux. Les sources d’eaux et les retenues d’abreuvement ont été par endroit i aménagées. La mise en place des investissements à caractère communautaire est entièrement faite par les groupes bénéficiaires ainsi formés, sur conseil et suivi rapprochés d’un consultant. Chaque champ semencier ou champ école comprend un hangar où seront stockés les semences et le foin. Après la récolte,  une fraction des semences,  variable selon les communautés bénéficiaires est  distribuée aux membres du groupe pour leur réplication dans les champs fourragers individuels et l’autre fraction est  vendue aux non-membres du groupe afin de constituer d’un fonds semencier communautaire.

Les photos ci-après donnent un aperçu des champs fourragers.

Préparation et entretien du champ fourrager

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3. Impacts des champs fourragers dans la Commune de Ngaoundal

Les changements significatifs ont été observés au niveau de l’adoption de la technologie, des recettes fiscales, de la diversification des sources de revenus et de l’amélioration de la santé des mères et enfants.

(a)  Le nombre de champs fourragers initialement de 56 hectares en 2009 passera à ’environ 400 hectares en 2010. Cette hausse est notamment due à l’effet multiplicateur des champs fourragers auprès des membres des groupes bénéficiaires et des propriétaires d’élevage bovin installés en clientèle privée. En effet, la distribution des semences issues des champs fourragers communautaires et la constitution d’un fonds local semencier  ont largement contribué à cette augmentation. Au regard de la demande croissante des semences de Brachiaria et de Stylosanthes aussi bien par d’autres groupes organisés et des éleveurs opérant en clientèle privée, Il est certain que ce nombre connaitra un accroissement exponentiel dans un horizon futur de 2-5 ans.

(b) Plus de 500 ménages issus d’environ 30 communautés ont adopté les cultures fourragères dans la commune en 2010. La superficie moyenne des champs écoles mis en place est de 4 hectares (soit 3 ha de Brachiaria et 1 ha de styloxanthes). Ce nombre connaitra aussi une hausse dans le futur, notamment grâceà la forte demande de semences en provenance de la région du Nord et même du Nigeria voisin.

(c) Les recettes fiscales de la Commune de Ngaoundal ont connu une hausse de 20 % en 2010. L’introduction des champs fourragers dans la zone a permis de sédentariser plusieurs éleveurs nomades, contribuant ainsi à une amélioration sensible du contrôle des troupeaux disponibles dans la Commune. Cette stabilisation des éleveurs concourt aussi à faciliter l’enregistrement des élevages par l’autorité locale et à augmenter l’efficience (réduction des coûts) et l’efficacité du système d’administration de la taxe communale sur le bétail. La commune estime qu’avec son microprojet structurant nouvellement soumis, et incluant l’aménagement d’un parc à bétail, ces recettes fiscales pourront connaitre une hausse de 30 à 40% a l’horizon 2015.

(d)  Les ménages bénéficiaires ont diversifié leurs sources de revenus et amélioré leur sécurité alimentaire. L’introduction des champs fourragers a généré de nouvelles activités agricoles en complément aux activités traditionnelles. Premièrement, certains membres des groupes se sont spécialisés dans la productione semences de Brachiaria et de styloxanthes et et vendent leurs expertises aux éleveurs installés en clientèle privée, moyennant une rémunération.  Sous leur appui,  des rendements d’environ 200kg/ha ont été observés permettant de générer des gains bruts supplémentaires de l’ordre de FCFA 200,000- à FCFA 300,000. Cette nouvelle profession de « Conseiller Local GDT » est l’une des grandes innovations promue par le PGDT. Deuxièmement, la plupart des membres pratiquant les cultures fourragères ont mis en place les champs de maïs, en fertilisant leurs parcelles par la fumure organique issue de leurs parcs à bétail. Pour ceux-là, des rendements d’environ 2.5  tonnes à l’hectare de maïs (contre 1t à 1.5 t/ha) ont été observés. L’apport supplémentaire du maïs, céréale la plus consommée par les populations, améliore substantiellement la sécurité alimentaire des ménages de la commune.

(e)  La couverture vaccinale des femmes enceintes et des enfants de zéro à cinq ans a augmenté de 70% au premier trimestre 2010, comparée à 50% dans la même période 2009, selon les estimations des services de  santé de la zone du PDGT. Il faut noter que cette performance est due à l’effet combiné de la construction d’un centre de santé communautaire par le PNDP et de la stabilisation des éleveurs nomades de suite de l’introduction des champs fourragers par le PGDT. Ainsi le nombre de femmes enceintes utilisant les services de santé de la reproduction de proximité  et celui des enfants de 0-5 ans vaccinés ont sensiblement augmenté. Avec la stabilisation des éleveurs nomades, la mobilisation sociale lors des campagnes de routine s’est améliorée, comparée à la stratégie avancée en direction des nomades très couteux et aux résultats mitigés en ce qui concerne la couverture vaccinale de ces groupes.

L’Agroforesterie associée aux techniques culturales en courbes de niveaux comme méthode de récupération des sols lessivés dans la commune de Bagang Fokam

1.  Enoncé du Problème

Comme partout ailleurs dans la région densément peuplée et au relief fortement accidenté de l’Ouest Cameroun, la pression démographique et les mauvaises pratiques agricoles sont les causes principales de la dégradation des terres. Dans cette région considérée comme grenier du pays, les groupes les plus affectés par les effets de la dégradation des terres sont les femmes  qui développent essentiellement les les cultures vivrières. Autrefois, la région était caractérisée par son paysage de « bocage » alliant la présence d’arbre et la gestion d’animaux dans la même exploitation.  Les photos ci-après illustrent les formations bocagères en pays bamiléké.

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Mais à ce jour, avec la pratique de culture en pente et la surexploitation des terres, l’érosion hydrique est très prononcée et l’infiltration de l’eau dans les sols dénudés est devenue très difficile. Par ailleurs, avec la diminution des revenus, liée à la baisse drastique des rendements agricoles, notamment du maïs, céréale la plus cultivée (moins de 1,3 tonnes/ha), ce paysage de bocage de  la région s’est fortement dégradé au point de disparaître par endroit en raison des coupes d’arbres  et vente en bois de chauffe. Ce paysage avait grâce à la présence d’arbres,  l’avantage de contenir les vents et de faciliter l’infiltration de l’eau dans les sols, rechargeant ainsi les nappes phréatiques. Avec l’assèchement des nappes, la pratique des cultures de contre-saison (cultures maraichères notamment) devient de plus en plus critique, limitant ainsi les efforts de diversification agricole des populations, qui vivent dans un état de précarité avancée.

2. Introduction de l’agroforesterie associée aux pratiques de culture en pente par le Projet

Les bénéficiaires structurés en associations et provenant des différents quartiers de la localité ont été formés aux techniques de gestion des pépinières d’arbres, de cultures en courbe de niveau et de confection des bandes enherbées antiérosives et de haies arbustives de protection contre les vents, les techniques de fabrication du compost à partir des résidus agricoles mélangés aux déjections animales, avec l’appui d’un organisme d’appui local. s. La formation était destinée aux leaders communautaires choisis par leurs pairs et respectés dans leurs villages qui à leur tour vulgariseront le système auprès des membres de leurs groupes. Après cette formation, le PGDT a mis la disposition du groupe bénéficiaire les investissements constitués entre autres des semences pour une pépinière d’arbres, de porcs pour l’élevage, une étable fumière. La mise en place de ces investissements se fait par le groupe avec l’encadrement d’un consultant. Les espèces ligneuses retenues pour les pépinières comprennent les plantes utiles (épices locales, plantes médicinales) et les plantes fertilisantes (leucena, cajanus) identifiées par les populations. L’élevage des porcs sert à produire du fumier qui sera combiné aux résidus agricoles et aux déchets de ménages pour la fabrication du compost. Il s’agit d’une expérience pilote développée autour d’un champ école servant de démonstration pratique pour les membres de la localité. Une partie de la production d’élevage, soit 60% (les jeunes truies) est distribuée aux groupes membres de l’association et les autres 40% sont vendus aux non-membres pour constituer un fonds communautaire GDT. Enfin, il convient de préciser que les membres ayant bénéficié des porcs, ont la responsabilité de reproduire le système dans leur quartier respectif, afin de faciliter une expansion du processus dans la localité.

3. Impact du PGDT dans la localité de Bangang Fokam

Les changements significatifs ont été observés dans  la productivité des terres, les pratiques culturales et la production agricole. Les impacts les plus perceptibles sont les suivantes :

(a)  Les rendements agricoles ont presque doublés chez la plupart des ménages ayant adopté le système intégré d’agroforesterie. Le rendement du maïs est par exemple passé de 3t/ha, comparé à 1-1,5t avant l’introduction du PGDT. Le système d’exploitation comprend désormais les brises vents, les bandes antiérosives et les cultures associées en courbe de niveaux. La fertilisation des plantes se fait par la fumure organique obtenir à partir du compost.

(b)  Plus de 20 producteurs de la localité ont été directement associés  à ce système d’exploitation mis en Å“uvre sur superficie d’environ 40 hectares. Par effet de multiplication, les bénéficiaires directs du projet ( environ 22petits exploitants) ont contribue à la réplication du système à environ 30 autres producteurs pour une superficie sous GDT d’environ 60 ha.. Il en résulte une tendance à l’abandon de la pratique du labour en direction des pentes au profit de l’adoption des cultures en courbes de niveaux.

(c)  La production agricole dans la localité  a connu une hausse significative. Cette est liée à  l’action combinée  de cette pratique de système de cultures associées et de la reprise des cultures de contre saison dans les bas-fonds. La recharge des nappes phréatiques est desormais rendu possible grâce aux brises vents et aux bandes antiérosives, reconstituant ainsi l’aptitude des bas-fonds au maraichage.

Stratégies de pérennisation des opérations GDT

Dans l’ensemble, le PGDT commence à produire des changements très positifs dans les quatre régions où il est opérationnel. Toutefois ces résultats reposent sur les subventions apportées par l’extérieur. Il convient de signaler que les coûts des opérations GDT pour réhabiliter une terre dégradée sont trop élevés. A titre d’exemple, le PGDT débourse environ FCFA 1 million pour la restauration d’un hectare de  terre dégradée. Afin de permettre aux principaux utilisateurs des terres d’investir dans la maintenance/réhabilitation du capital naturel, il est important d’intégrer dans les interventions GDT les aspects suivants :

(a) Encourager les producteurs, notamment les femmes et les migrants à s’organiser pour garantir leur accès et contrôle à la terre. L’expérience du PGDT montre que ces deux groupes comptent parmi les plus marginalisés quant à leur accès à la propriété foncière. Il est pourtant possible d’utiliser leur force d’organisation en association d’épargne et crédit pour leur structuration en coopératives dotées d’un pouvoir d’acquisition des terres au profit de ses membres par achat ou par concession pour un long terme auprès de l’autorité administrative.

(b) Promouvoir les entreprises de valeur ajoutée qui absorbent tout ou partie de la production primaire des coopératives ainsi promues. Les entreprises de valeur ajoutée garantissent un marché durable et des prix stables aux producteurs. La garantie des prix et du marché constitue en elle-même une bonne incitation pour investir dans la lutte contre la dégradation des terres. Les coopératives peuvent contribuer au capital initial de telles entreprises en mobilisant les ressources auprès de leurs caisses d’épargne et crédit et des banques.

(c) Instaurer la création d’un fonds local GDT pour  promouvoir les investissements au profit des producteurs. Les producteurs peuvent transférer le cout de la dégradation des terres aux consommateurs, en incluant une petite redevance au prix du produit fini offert à ce dernier. Ces fonds peuvent être collectés par l’entreprise de valeur ajoutée et reversés aux producteurs à titre de subvention, comme c’est le cas actuel de la Société de Développement du Cotton du Cameroun (SODECOTON).

(d) Intégrer systématiquement le PUGT dans les plans de développement communaux. Il est certain que le PUGT facilite la recherche du consensus sur l’accès à la ressource et réduit considérablement les conflits entre les principaux utilisateurs. Il renforce aussi leur participation dans la définition des textes réglementaires qui vont régir l’accès à la ressource. Enfin il permet à la mairie de mieux faire des projections de recettes fiscales à tirer sur leur exploitation.

Last Updated on Thursday, 04 April 2013 20:53
 

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